Caroline Fourest

Blog de Caroline Fourest : Editos, Interventions publiques, Articles, Livres, Conférences

08 juin 2008

Caroline Fourest sur Nonobstant 1

Caroline Fourest sur Nonobstant 1
Vidéo envoyée par prochoix

Le 3 juin 2008, Nonobstant d'Yves Calvi reçevait Caroline Fourest. Dans cette première partie, elle revient sur la projection à Cannes de "C'est dur d'être aimé par des cons", le film de Daniel Leconte consacré au procès de Charlie Hebdo suite à la publication des caricatures de Mahomet.

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Caroline Fourest chez Nonobstant 2

C. Fourest chez Nonobstant 2
Vidéo envoyée par prochoix

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Caroline Fourest chez Nonobstant 3

Caroline Fourest chez Nonobstant 3
Vidéo envoyée par prochoix

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23 mai 2008

Charlie Hebdo à Cannes (en photos)

Quelques images prises lors de la sélection à Cannes du film "C'est dur d'être aimé par des cons", réalisé par Daniel Leconte au sujet du procès de Charlie Hebdo lors de l'affaire des caricatures...

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La conférence de presse de Charlie Hebdo (de gauche à droite) : Cabu, Caroline Fourest, Laurent Joffrin, Daniel Leconte (réalisateur du film), Philippe Val, Richard Malka (l'avocat de Charlie), Saïd Sadi, Francis Szpiner (lavocat de la Mosquée de Paris)....

Ambiance sérieuse et pédagogique où ceux qui ont gagné ce procès et ceux qui l'ont perdu reconnaissent qu'il s'agissait d'un beau moment de débat républicain.

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Ambiance plus décontractée au café juste avant de monter les marches, avec mes camarades de Charlie (de droite à gauche): Gérard Biard, Catherine, Patrick Pelloux, Tignous, Emmanuelle Veil, Riss, Charb et Agathe André (qu'on ne voit pas parce qu'elle est encore plus à gauche !).


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La Montée des marches....
Moment particulièrement émouvant pour Flemming rose (qui revient de l'enfer pour avoir voulu briser l'auto-censure en publiant douze dessins sur Mahomet dans le Jyllands-Posten, à ma gauche) et Saïd Sadi (le leader de l'opposition démocrate algérienne, infatigable défenseur de la liberté d'expression et de de la laïcité, à ma droite)

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De gauche à droite : Cabu, Caroline Fourest, Saïd Sadi, Flemming Rose

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La victoire de Cavanna sur écran géant !

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Après la projection, dans la salle où le film vient de recevoir une standing ovation, Flemming Rose discute avec Michael Moore, qui a découvert cette affaire grâce au film. Il ne sait pas s'il aurait publié les caricatures, mais il refuse par principe la censure dictée par la "peur".

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Je le remercie d'être venu et j'insiste auprès de lui sur l'importance de bâtir une gauche qui lutte à la fois contre Bush et contre l'islamisme...

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Le regard de Catherine

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03 avril 2008

De la complexité d'être une intellectuelle engagée

Le statut des femmes qui écrivent et qui pensent a encore du chemin à faire.

Après le Monde, un portrait paru dans Paris-Obs (par ailleurs très bien fait) me présente dans son châpo introductif comme "militante des droits des femmes et des homosexuels".  Alors que je ne milite dans aucune association, que je suis essayiste, enseignante, éditorialiste et journaliste... Engagée certes, mais comme d'autres intellectuels engagés.

J'ai milité, il y a quelques années dans une association de défense des droits des homosexuels, mais me présenter ainsi c'est un peu comme présenter Edwy Plenel ou Serge July comme "militants troskystes". Un peu comme si Jean Daniel ou BHL étaient présentés comme militants juifs et hétérosexuels.

Réduire mon engagement intellectuel (qui porte aussi bien sur des questions sociales que religieuses ou culturelles) au fait d'être une "militante des droits des femmes et des homosexuels" est une façon de réduire toute intellectuelle femme à son état et non à ses idées.

C'est un peu comme montrer les fesses de Beauvoir en "une du Nouvel Obs" pour illustrer son œuvre.

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25 mars 2006

Fourest / Prix du livre politique


Fourest / Prix du livre politique
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Discours prononcé par Caroline Fourest à propos de la Tentation obscurantiste et de la liberté d'expression en danger lors de la remise du Prix du livre politique 2006 à l'Assemblée nationale.

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Ecrire la politique portrait


Ecrire la politique portrait
Vidéo envoyée par prochoix

Portrait réalisé par la Chaine Parlementaire à l'occasion de la remise du Prix du livre politique 2006 à Caroline Fourest.

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12 octobre 2005

Portrait de Caroline Fourest paru dans "Le Monde"

photocaroPantalonnoir, blazer rouge, frêle silhouette d'adolescente : Caroline Fourest a des airs de jeune fille rangée, ce samedi 25 mars, à l'Assemblée nationale, au moment de recevoir le Prix du livre politique 2006 pour La Tentation obscurantiste (éd. Grasset, 168 p., 9 €). Debout, les mains sagement posées sur son pupitre, elle s'exprime sans notes, sous les regards du président de l'Assemblée, Jean-Louis Debré, et du ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres : "Oui, l'islamisme est bien le représentant du nouveau danger totalitaire mondial, et non, nous n'avons aucune circonstance atténuante, ni tiers-mondiste, ni antiraciste, à lui trouver !", lance-t-elle.

Situation un brin insolite : d'habitude, la journaliste de Charlie Hebdo donne ses conférences assise en tailleur, devant des parterres de professeurs laïques ou de réfugiés algériens. Curieuse consécration, surtout, pour une militante qui se réclame d'un féminisme radical et libertaire, et qui fustige Nicolas Sarkozy jusque dans les colonnes du Wall Street Journal. Drôle d'itinéraire, enfin, puisque cette oratrice hors pair, devenue la mauvaise conscience de la gauche antiraciste, a grandi dans la bonne bourgeoisie provinciale.

Toute petite, déjà, lors des réunions familiales, c'est à Caroline qu'on demandait de faire les discours. Le père est négociant en vins, la mère antiquaire, et ils ont confié leur fille à la Nativité, une institution privée d'Aix-en-Provence : "Il y avait une église au milieu de la cour, et en cas de manifestation, les grilles étaient fermées pour pas qu'on soit perverti...", raconte-t-elle. Elle a 12 ans quand survient la libération : ses parents divorcent, elle s'installe à Paris avec sa mère et rejoint, "ravie", le collège public. Arrivent les années de l'éveil ; celles d'une prise de conscience, aussi, longtemps différée : l'homosexualité, et avec elle la sensibilité à "tout ce qui est minoritaire".

C'est en devenant journaliste qu'elle naît à l'engagement. Pour le magazine étudiant Transfac, elle enquête sur les relations entre l'actrice porno Tabata Cash et le néonazi "Batskin", avant d'infiltrer les rangs d'une secte chrétienne. Les droites extrêmes, d'un côté, les intégrismes religieux, de l'autre : tout est en place lorsque Caroline Fourest rencontre la chercheuse en sciences politiques Fiammetta Venner, bête noire des associations anti-avortement. Elles ne se quitteront plus, "fusionnelles jusque dans l'écriture". Les deux complices fondent une feuille féministe, baptisée Prochoix, la "Revue du droit de choisir", qui pourfend tous les intégrismes religieux.

Arrive le mois de septembre 2001 et ses traumatismes cruciaux. D'abord, le "putsch islamiste" de Durban, en Afrique du Sud, où la conférence contre le racisme dégénère en forum mondial de la haine : "Le climat était irrespirable, nous sommes revenues K.-O. ; après ça, franchement, je ne me voyais pas continuer à écrire sur les commandos anti-IVG...", confie Caroline Fourest. Puis, dans les jours qui suivent leur retour en France, le World Trade Center part en fumée.

Voilà l'inflexion décisive qui amènera non seulement les animatrices de Prochoix à approfondir leur "parti pris laïque" - elles soutiennent la loi sur l'interdiction des signes religieux à l'école -, mais aussi à poser cette question à la gauche : pourquoi prêter à l'islam radical une dimension émancipatrice, alors que les autres intégrismes apparaissent d'évidence comme dangereux ? "Je disais : "Ecoutez, vous n'inviteriez pas Christine Boutin au Forum social européen ! Pourquoi inviter Tariq Ramadan, dont le positionnement est tout aussi réactionnaire ?"", se souvient l'auteur d'un essai intitulé Frère Tariq. Discours, stratégie et méthode de Tariq Ramadan (Grasset, 2004).

Les choses se compliquent alors pour de bon : tout en continuant à attaquer George Bush et la droite religieuse américaine, elle multiplie les textes au vitriol contre les "compagnons de route" de l'islamisme. Au point de susciter l'ire de certains, notamment parmi ses anciens camarades qui la soupçonnent de verser dans une obsession anti-musulmane. D'autres, comme François Gèze, directeur des éditions La Découverte, sévèrement mises en cause dans La Tentation obscurantiste, la rangent parmi les représentants d'une gauche figée dans sa bigoterie : "Je ne mets pas en doute sa sincérité. Mais la croyance qui l'anime est de l'ordre de la foi, et elle est symptomatique de cette partie de la gauche française que j'appelle les "intégristes de la République"".

Car Caroline Fourest ne fait pas toujours dans la nuance. Sur les "alliances paradoxales et dangereuses" du MRAP ou encore de la Ligue des droits de l'homme, elle tape fort, donne des noms, et attend encore de ses détracteurs une authentique réfutation. "Quand j'écrivais pour le pacs et contre Christine Boutin, je me faisais traiter de "communautariste". Depuis que je défends la laïcité et que j'écris contre Tariq Ramadan, je me fais traiter de "républicaniste réac" ! On caricature ce que vous avez écrit, on vous fait dire le contraire de ce que vous avez dit. Moi je ne veux pas finir comme une vieille conne de droite à 80 ans, et j'essaie de faire en sorte que la gauche ne me dégoûte pas d'avoir choisi son camp", s'insurge-t-elle, en rappelant qu'elle a cosigné - avec Salman Rushdie ou Taslima Nasreen, entre autres - un Manifeste contre le totalitarisme islamique, et qu'elle compte nombre de soutiens parmi les démocrates du monde arabo-musulman.

Chez les adhérents du Manifeste des libertés, par exemple, cette association créée en 2004 pour défendre une pensée laïque en islam. Ainsi, tout en critiquant son analyse des mouvements islamistes, le psychanalyste Fethi Benslama, auteur d'une récente Déclaration d'insoumission à l'usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas (Flammarion), rejoint Caroline Fourest pour pointer le manque de vigilance de certains "progressistes" : "J'ai beaucoup de difficultés avec mes amis de gauche et d'extrême gauche, qui ne comprennent pas la position des démocrates dans les pays arabes. Il y a chez eux un aveuglement sur les dangers de l'islamisme", assure l'écrivain.

C'est ceux-là mêmes que Caroline Fourest appelle les "idiots utiles" de l'intégrisme. En les désignant comme tels, elle savait à quoi s'attendre. Dans une galaxie antiraciste désormais en voie d'implosion, il n'y a souvent plus guère que des coups à prendre.

Jean Birnbaum Article paru dans l'édition du 12.05.06

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19 septembre 2005

Attention aux fausses informations reprises sur Wikipédia

Caroline Fourest est diplômée en histoire, en sociologie à l'EHESS et en Sciences politiques. Elle est titulaire d'un DESS de communication politique, obtenu à la Sorbonne. Essayiste, elle a écrit plusieurs ouvrages consacrés à l'extrême droite et à l'intégrisme. Journaliste, elle est rédactrice en chef de la revue Prochoix et collabore à Charlie Hebdo. Elle enseigne aussi à Sciences-Po Paris dans le cadre d'un séminaire sur "Egalité, identités et Vivre ensemble". Elle a reçu le Prix national de la laïcité en 2005 et le Prix du livre politique en 2006.

En 1997, elle co-fonde la revue Prochoix (avec Fiammetta Venner), pour la défense du libre choix au sens large, c'est-à-dire le choix de mener sa vie envers et contre tout dogme liberticide, essentialiste, raciste ou intégriste. Ses thèmes de prédilection sont la protection de la laïcité, les droits des femmes et des homosexuel-le-s. Le mot prochoix s'oppose à celui de Prolife, le mouvement anti-avortement aux États-Unis partie prenante de la droite religieuse américaine.

En 1998, elle co-écrit avec Fiammetta Venner un livre sur les entreprises finançant le Front national, "Le guide des Sponsors du FN". Ce qui lui a valu une campagne de presse et de des menaces de militants d'extrême droite. Ce livre a permis aux citoyens de connaître les dessous du financement de l'extrême droite mais aussi de tordre le cou à certaines rumeurs en rétablissant la vérité sur une entreprise comme Les pains Poilâne, qui avaient été accusés à tort de financer le Front national.

En 1999, elle publie avec Fiammetta Venner "Les Anti-Pacs ou la dernière croisade homophobe", une enquête solide sur les mouvements anti-PaCs, leurs liens avec la droite catholique radicale et le vrai visage de Christine Boutin. En annexe, le livre rend aussi publique la liste des maires ayant signé la pétition contre le PaCS.

En 2000, elle a publié le fruit d'une longue enquête sur les mouvement prolife et la droite religieuse américaine, Foi contre Choix, vigoureusement anti-Bush.

En 2003, elle a co-écrit un livre, Tirs Croisés (avec Fiammetta Venner, Calmann-Lévy, 2003) sur la « laïcité à l’épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman ». Ce livre s'élève à la fois contre la tentation de considérer que l'islam est la seule religion à produire du fanatisme, voire la plus fanatique en raison de sa nature religieuse. Il démontre que sur bien des points, le Coran est un texte moins sexiste que la Bible. Mais il refuse, pour autant, de nier le fait que l'intégrisme musulman est aujourd'hui le plus dangereux, notamment pour les droits des femmes. Et il détaille les raisons géopolitiques et historiques expliquant ce surcroît de dangerosité. Il s’est vendu à plus de 20 000 exemplaires et il disponible en poche.

En 2004, elle publie "Frère Tariq". Un livre de 426 pages fouillé et documenté, où elle décortique le double discours de Tariq Ramadan, et démontre, citations et preuves à l'appuis (chaque propos cité renvoie à une note et à sa source), la vraie nature fondamentaliste et réactionnaire à partir de l'étude de ses livres et cassettes en Français.

La Tentation obscurantiste, paru en 2005, a obtenu le Prix du livre politique 2006. Richard Descoings, directeur de Sciences Po et président du jury, parle de ce livre comme faisant tout parliculièrement preuve de « discernement, de rigueur et du courage de dire ».

En 2005,  dans ProChoix, elle a publié un "épitre à Nicolas Sarkozy de la part d'une laïque ni sectaire ni déspérée" qui réfute point par point son livre sur "La République, les religions, l'espérance". Dont la nécessité de modifier la loi de 1905 pour financer des lieux de culte. Elle dresse un bilan ravageur de sa politique en matière de relations avec les cultes.

En 2006, au moment de l'affaire des caricatures (dont elle soutenu la publication à Charlie Hebdo), elle a initié un Manifeste « Ensemble contre le nouveau totalitatisme ». Un texte pour la liberté d'expression et contre l'islamisme traduit et diffusé  en plusieurs langues, co-signé avec Ayaan Hirsi Ali, Taslima Nasreen, Salman Rushdie, Philippe Val, Bernard-Henri Lévy, Irshad Manji, Mehdi Mozaffari, Maryam Namazie, et Ibn Warraq. Les signataires ont été menacés de mort sur un forum islamistes en anglais.

En 2007, plusieurs mois avant l'élection présidentielle, elle publie "Le Choc des préjugés" (Calmann-Lévy). A partir d'une analyse sociale des révoltes de novembre 2005 — qui tord le coup aux fantasmes du complot ethnique ou religieux — elle renvoie dos à dos les postures sécuritaires (l'impasse de la politique sarkozyste) et la posture victimaire (l'impasse de mouvements comme les Indigènes de la République ou de la dérive d'un Dieudonné).

 

Ses prises de positions dérangent les partisans de Tariq Ramadan et ses soutiens (Pierre Tévanian, Les Mots sont importants, Thierry Meyssan et Cédric Houssez du Réseau Voltaire, plusieurs animateurs des Indigènes de la république), des fans de Dieudonné (Les Ogres etc) mais aussi certains chercheurs partisans de la laïcité "ouverte" (pro-Tariq Ramadan ou pro-Sarkozy, parfois les deux..). Mais elles lui valent le soutien de nombreuses associations féministes, laïques, antiracistes et antifascistes aux côtés du droit de choisir et de la revue ProChoix (dont le site reçoit la visite de plus de 42 000 visiteurs uniques par jour).

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15 décembre 2003

Caroline Fourest et Fiammetta Venner débusquent les inquisiteurs

Article paru dans Marianne N° 347 Semaine du 15 décembre 2003 au 21 décembre 2003

VennerFourest_2004_01_BDOn a vu la journaliste Caroline Fourest (ci-contre) dans l'émission « Campus » sur France 2 pulvériser calmement Tariq Ramadan, textes à l'appui. Sa redoutable enquête sur les intégrismes juif, chrétien et musulman, fait vaciller le piédestal sur lequel s'appuient les tartufes des nouvelles inquisitions. Avec la politologue Fiammetta Venner, notre consoeur, dans Tirs croisés* établit en effet, point par point, les convergences entre des frères ennemis soudés par les mêmes obsessions : haine des droits de la femme, intolérance culturelle, sournoise propagande politique puis, au stade ultime, passage à l'action violente. Le choc, résument nos deux trublionnes, n'est pas celui des civilisations et des religions : « La véritable ligne de fracture se situe entre démocrates et théocrates de tous les pays. »
Une seule ligne d'horizon pour s'en sortir : la laïcité.
A lire, absolument.

* Calmann-Lévy, 425 p., 21,50€ .

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